Partie 1 du tournage en Colombie

En 2008, Doris, Beatriz et Maria ont perdu leurs enfants de la façon la plus abjecte. Ils ont été enlevés, torturés et assassinés par l’armée colombienne qui les a fait passer, comme 5800 autres Colombiens entre 2002 et 2010, pour des guérilleros morts au combat, désormais connus sous le nom de « faux positifs ». Parfois drogués et héliportés à plus de 600 km de Bogota, habillés en tenue de camouflage, exécutés d’une balle dans la tête et jetés dans des fosses communes, ces «faux-positifs » ont ainsi grossi le nombre officiel de guérilleros tués par l’armée régulière pour garantir la « sécurité démocratique » préconisée par le président alors au pouvoir, Alvaro Uribe.

Le projet du film que j’ai en tête est avant tout l’histoire de ses protagonistes, un film porté par le récit de personnes que j’ai rencontrées et qui m’ont accordé leur confiance et leur amitié.

L’urgence de ce crowdfunding est que Doris, une des femmes que je filme pour le documentaire, va récupérer le corps de son fils après 10 ans d’attente pour enfin l’enterrer dignement.

Nous avons besoin de faire le crowdfunding car ne pouvons pas attendre les réponses des subventions de l’Office Fédéral de la Culture qui tomberont en juillet 2018.

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Pourquoi ce film

Après Tacacho et Los Fantasmas del Caribe, Hijos del viento est le troisième film d’une trilogie dédiée au conflit armé en Colombie et à ses suites. Pardonner, effacer le conflit armé de notre mémoire, se réconcilier ? Ces interrogations sont récurrentes dans l’ensemble de mes trois films.

C’est la question de la réconciliation qui est au centre de Hijos del viento. Une volonté politico-étatique tente d’imposer une réconciliation aux victimes du conflit. Alors que lors des discussions sur les accords de paix et le référendum, j’étais très enthousiaste à l’idée de connaitre pour la première fois de ma vie une Colombie en paix, l’histoire des faux positifs et de leurs mères m’a permis de comprendre que, pour les victimes, le processus était insuffisant. Aucune réparation ne vient remédier à leur douleur. Et surtout, la nouvelle justice spéciale mise en place pour la paix (JEP) laisse impunis tous les crimes d’Etat.

Le désir de faire ce film est né de la nécessité et de l’urgence de raconter l’histoire des faux positifs en Colombie avant qu’elle ne soit recouverte par l’oubli. Je voudrais que le film retienne l’histoire comme une preuve à jamais vivante de ce qui s’est produit et qui ne peut être contredit.

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A quoi votre soutien va servir

Nous avons budgétisé le voyage aller-retour depuis Genève à Bogota, ainsi que le trajet depuis Bogota à El Copey et l’hébergement sur place à 2’500.-.