Description du projet.

Ce documentaire raconte l’épopée d’une famille cubaine de sept membres – toutes générations confondues – arrivée en Espagne à la suite d’un accord diplomatique et qui se retrouve à vivre à même la rue, sur la Place de la Province en plein cœur de Madrid. Au milieu de touristes et des passants, ils installent un campement de fortune en face du Ministère des Affaires Etrangères et exigent qu’on leur fournisse logement et travail comme le stipulaient les termes de l’accord.

Le film accompagne pendant cinq mois le fragile quotidien à ciel ouvert de cette famille. Dans une relation de proximité et confiance, il montre la confrontation brutale avec les réalités du système capitaliste occidental dont tous avaient pourtant rêvé, du déracinement qu’ils subissent, loin des références sociales et culturelles qu'ils avaient connu jusque-là.

Le film montre également l’indolence et irresponsabilité des autorités qui font la sourde oreille à leurs revendications pendant huit mois, mais aussi les tensions sous-jacentes de la cohabitation des membres de la famille dans des conditions si difficiles, leur positionnements parfois figés et maladroits, leur naïveté politique ainsi que leur prise de conscience de leur part de responsabilité face aux événements.

Mais c’est aussi l’histoire de la détermination d’une famille qui reste unie et digne face à l’adversité, de l’importance de chacun des membres dans le groupe, et surtout de l’opiniâtreté de la mère, Sabina, qui orchestre ce microcosme avec courage et autorité, parvenant à maintenir un cadre humain et maternant alors qu’il n’y a plus de repères.

Contexte

Entre juillet 2010 et avril 2011, une centaine de prisonniers politiques cubains sont arrivés en Espagne à la suite d’un accord signé entre les gouvernements des deux pays. Cet accord convenait de la libération de ces prisonniers en échange de leur déportation immédiate vers l’Espagne avec leurs familles. A leur arrivée dans la péninsule ibérique, toutes les promesses énoncées dans les termes de l'accord n'ont pas pu être tenues. En effet, la politique d’accueil à bras ouverts du pays a été touchée de plein fouet par la crise économique. La plupart des exilés, après quelques mois dans des centres d’accueil pour migrants se sont retrouvés à vivre dans la rue. L’Etat espagnol a pris, en les accueillant, une responsabilité qu’il n’avait ni les moyens financiers ni les infrastructures nécessaires d’assumer.

Sabina Martin, la cheffe de famille et protagoniste principale  du documentaire, appartenait à Cuba au groupe des «Dames en blanc» (Damas de Blanco) réunissant des épouses et membres des familles de dissidents politiques emprisonnés par le gouvernement qui exigeaient leur libération. Malgré leurs protestations pacifiques, elles subissent de violentes représailles. L’état cubain a proposé à Sabina de quitter le pays quand son frère a été libéré grâce à l’accord. Elle a alors décidé de venir en Espagne avec sa mère, son mari, son fils, sa belle-fille, sa nièce et son neveu.

Mon lien avec le projet.

Etant moi-même Cubaine et vivant à l’étranger en Suisse depuis 10 ans, je me reconnais dans cette condition d’immigrée et je porte une attention particulière aux processus d’intégration et d’adaptation des migrants de manière générale. La situation spécifique de ces Cubains opposants au régime tout à coup confrontés à un « monde capitaliste » nouveau pour eux m’a semblé spécialement intéressante.

Nous avons besoin de votre soutien

Pendant 5 mois, nous avons suivi de très près le quotidien de la famille Martin et nous avons collecté 80 heures de rushes qui témoignent de cette expérience insolite. Pour que le projet puisse continuer, nous avons besoin d'un soutien financier pour assurer le travail de montage, phase cruciale du procédé de création.Cette phase durera 3 mois et c'est là que se construira le film. Sans ce soutien, le documentaire ne pourra malheureusement pas se faire et cette histoire ne pourra pas être partagée.