Trop d’antibiotiques pour les nouveau-nés: pouvons-nous mieux faire?

Des données scientifiques indiquent que les traitements antibiotiques administrés aux nouveau-nés peuvent avoir des conséquences néfastes plus tard dans la vie. Les antibiotiques modifient la composition microbienne de l’intestin, peuvent potentiellement compromettre l’allaitement et augmenter le risque d’eczéma, d’allergie, d’obésité, de diabète et de maladies inflammatoires de l’intestin. Il existe également un réel danger que nous ne puissions pas traiter les infections graves à l’avenir, en raison de la résistance aux antibiotiques. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a reconnu que nous sommes confrontés à une grave menace pour la santé publique au niveau mondial.

Avec votre aide, nous allons documenter l’utilisation des antibiotiques chez les nouveau-nés dans 13 pays et plus de 50 hôpitaux. Notre étude permettra de recueillir ces informations afin d’améliorer notre compréhension du problème de la surexposition aux antibiotiques chez les bébés, de sensibiliser les professionnels à cette question et d’identifier les pratiques associées à de meilleurs résultats.

La sensibilisation peut faire la différence

Communiquer sur cette question est une étape très importante si nous voulons que les médecins évaluent et adaptent leur pratique. En menant cette vaste étude, nous souhaitons identifier les hôpitaux ou les pays qui obtiennent de meilleurs résultats, avec des pratiques associées à un niveau plus faible de prescription d’antibiotiques et un traitement sécure des bébés qui ont vraiment besoin de ces médicaments. Nos résultats seront partagés avec d’autres hôpitaux, ce qui permettra à chacun d’en tirer des enseignements. Ce projet aura un impact! Avec le potentiel d’améliorer la vie de nombreux bébés dans le monde entier.

Les médecins de plus de 50 hôpitaux dans 13 pays différents ont déjà accepté de participer à ce projet. Plus encore : nous avons déjà construit une base de données et le comité d’éthique suisse a approuvé notre étude. Nous sommes donc prêts à commencer et le dernier obstacle est le manque d’argent pour les frais d’organisation.

Comment nous utiliserons votre soutien

De nombreux médecins travaillant auprès de nouveau-nés dans les hôpitaux de différents pays ont accepté de contribuer à ce projet sans aucun salaire supplémentaire. Mais l’étude a des coûts qui ne sont pas pris en charge par les hôpitaux. La collecte et l’anonymisation des données cliniques de milliers de bébés représentent beaucoup de travail et nous devons transférer ces informations dans une base de données en ligne sécurisée spécialement conçue pour l’étude.

Les résultats de notre étude seront soigneusement analysés par notre équipe en Suisse, avant d’être partagés gratuitement dans des conférences scientifiques, des revues à libre accès évaluées par des pairs et dans les médias.

L’argent collecté par cette initiative sera utilisé pour payer les dépenses des scientifiques impliqués dans la collecte des données, pour la mise en place et la maintenance de la base de données de l’étude, et pour l’analyse et la diffusion des données.

Vous voulez en savoir plus?

  • Quel est le problème des infections bactériennes chez les bébés ?

Les infections bactériennes peuvent entraîner le décès de bébés et exposer les survivants à un risque de handicap permanent. Pour les médecins, une infection bactérienne peut être très difficile à diagnostiquer car les premiers signes sont parfois subtils et sont similaires à ceux d’autres affections moins graves. Par exemple, un bébé peut avoir une respiration rapide peu après la naissance et avoir besoin d’oxygène supplémentaire. Une respiration rapide et un besoin d’oxygène peuvent être des signes d’infection bactérienne. Le plus souvent, ce sont les signes d’un léger retard d’adaptation à la naissance et quelques heures plus tard le bébé n’aura plus aucun symptôme. Les conséquences d’une infection non traitée sont potentiellement dramatiques et même un retard d’une heure dans le début d’un traitement antibiotique peut augmenter le risque de décès. Par conséquent, lorsqu’une infection est suspectée, les antibiotiques sont administrés immédiatement. Toutefois, dans la plupart des cas, comme le montre notre exemple, les symptômes sont bénins et disparaissent rapidement, car l’infection bactérienne n’est pas à l’origine des symptômes.

  • Quelle est la situation actuelle ?

La bonne nouvelle est que le taux d’infection avérée dans la première semaine de vie a diminué au cours des dernières décennies. Les bébés nés à terme ont un risque global de 1 sur 1000 à 1 sur 5000 pour une infection avérée. Néanmoins, la proportion de bébés recevant des antibiotiques au cours de la première semaine de vie se situe entre 2 et 16 % en Europe et en Amérique du Nord. Par conséquent, les approches actuelles dans les différents pays conduisent à un surtraitement important, car jusqu’à 200 bébés sont traités aux antibiotiques pour 1 bébé présentant une infection avérée. Mais tout cela n’a pas été mesuré avec suffisamment de précision. Par conséquent, nous ne savons pas encore quelle est la meilleure stratégie pour traiter en toute sécurité les bébés qui ont des infections bactériennes et minimiser l’exposition aux antibiotiques chez ceux qui n’ont pas besoin de ces médicaments.

  • Quel est le plan?

Ce projet se déroulera dans des hôpitaux de 13 pays différents. Nous enregistrerons quels bébés reçoivent des antibiotiques et pendant combien de temps, et quels sont ceux qui ont une infection prouvée. Nous calculerons ensuite un indice de surtraitement, c’est-à-dire le nombre de bébés recevant des antibiotiques pour un cas d’infection avérée. Cela permettra de développer de nouvelles interventions pour réduire l’exposition aux antibiotiques chez les nouveau-nés, tout en protégeant ceux qui ont des infections avérées.

Visitez notre site internet: https://la4b.org/