Et si le retour des rhinocéros pouvait régénérer tout un écosystème, en commençant par le sol ?

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Comment ça fonctionne

Le principe du «tout ou rien» s’applique: l’argent ne sera reversé au projet qu’à condition d’avoir atteint ou dépassé l’objectif de financement.

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Tout commence sous nos pieds

On parle beaucoup de sauver les animaux. On parle beaucoup moins de sauver le sol qui les nourrit. Pourtant, sans sol vivant, il n’y a ni herbe, ni arbres, ni nourriture pour personne : ni pour les antilopes, ni pour les éléphants, ni pour les rhinocéros non plus.

Je m’appelle Cecilia. J’ai grandi au-dessus de Vevey, en Suisse. J’ai étudié l’agronomie, et plus spécifiquement les sciences du sol en agriculture, et je travaille maintenant dans la conservation des sols agricoles en Suisse. Je poursuis aujourd’hui mes études pour me spécialiser en agroécologie tropicale, à l’Université tchèque des sciences de la vie de Prague. Le sol est un peu une obsession pour moi : ce monde invisible sous nos pieds qui façonne discrètement la santé de tout ce qui vit au-dessus.

Dans une vaste réserve de la République centrafricaine, des écologistes se préparent à un événement extraordinaire : le retour du rhinocéros blanc, plusieurs décennies après sa disparition.

Ma recherche de master porte sur le fondement même de ce retour, à savoir le sol, afin de comprendre comment la présence de grands herbivores peut contribuer à remodeler un écosystème à partir de la base.

J’ai besoin de votre aide pour me rendre sur place et mener à bien ce travail de terrain.

Observation du sol (©Thierry Aebischer)
Observation du sol (©Thierry Aebischer)

Les rhinocéros ne se contentent pas de vivre dans un écosystème. Ils contribuent à le façonner.

L’Aire de Conservation de Chinko est un espace naturel protégé en République centrafricaine, d’une superficie équivalente à celle de la Belgique. Des rhinocéros blancs y vivaient autrefois, avant que le braconnage ne les conduise à l’extinction locale.

Leur disparition n’a pas seulement signifié la perte d’une espèce. Ces grands herbivores influencent les paysages qui les entourent : ils broutent, piétinent la végétation, redistribuent les nutriments et modifient la manière dont la matière organique retourne au sol. Sans eux, les feux prennent une place bien plus importante dans le fonctionnement de l’écosystème.

Aujourd’hui, alors que Chinko se prépare à la réintroduction du rhinocéros blanc, son équipe de conservation réalise une action remarquable : sur des parcelles expérimentales, elle coupe et couche l’herbe afin d’imiter certains des effets que les rhinocéros auraient naturellement sur le paysage.

Et cela soulève la question au cœur de mes recherches : que se passe-t-il sous terre ? La coupe et le paillage de la végétation permettent-ils de stocker plus de carbone dans le sol que le feu ? Comment cela se compare-t-il au fait de simplement laisser le terrain intacte ?

Cette question est importante car le carbone du sol est l’un des principaux indicateurs de la fertilité du sol, du cycle des nutriments, de la rétention d’eau et de la capacité d’un paysage à soutenir la vie en surface.

La connaissance des sols de ces parcelles nous aidera à mieux comprendre le rôle écologique des méga-herbivores, ainsi que l’impact que leur retour pourrait avoir sur la régénération des paysages.

Cette expérience va au-delà de la simple conservation de la faune sauvage. Les trois traitements (feux, coupe et paillage, et non-intervention) reflètent différentes approches de gestion des terres utilisées à travers le monde. Les résultats permettront de mieux comprendre comment nous gérons les sols et les écosystèmes, qu’il s’agisse des zones de conservation en Afrique ou de l’agriculture régénérative ailleurs, ce qui revêt une importance capitale, notamment dans le contexte du changement climatique.

Pour moi, ce projet revêt aussi une autre dimension. Chinko est l’un des paysages les moins documentés d’Afrique centrale, et y mener des recherches sur le terrain constitue une occasion rare d’apporter des données sur un écosystème dont nous savons encore peu de choses. Je suis également fière de mener ce projet en tant que jeune femme, dans un domaine et une région où les femmes restent sous-représentées.

  • À la découverte de la réserve, RCA (©Maxime Clément)
    À la découverte de la réserve, RCA (©Maxime Clément)
  • Parcelle coupée et paillée, RCA (©Cecilia Guggisberg)
    Parcelle coupée et paillée, RCA (©Cecilia Guggisberg)

C’est pour cela que j’ai besoin de soutien

Mon départ est prévu pour fin octobre pour environ 5 mois. Là-bas, je vais prélever des échantillons de sol sur 27 parcelles expérimentales, représentant neuf combinaisons « habitat-traitement » répétées trois fois. En effectuant des prélèvements avant et après la saison des feux, je pourrai comparer l’impact des différents traitements sur le carbone stocké dans le sol.

Mais je ne souhaite pas que cette recherche s’achève avec la fin de mon mémoire de master.

Pendant mon séjour à Chinko, je formerai également des équipes du parc à un protocole de suivi de l’évolution des sols simple et reproductible. L’objectif est de laisser derrière moi non seulement des données, mais aussi la capacité de poursuivre les mesures de ces sols longtemps après mon départ.

Mon objectif de financement participatif est de 9 500 CHF.

Cette somme couvrira les frais nécessaires à la réalisation du travail de terrain : le voyage jusqu’à Chinko, le visa, l’hébergement sur le terrain et le matériel d’échantillonnage des sols.

Chaque contribution me rapproche un peu plus de Chinko et nous permet de mieux comprendre ce qui se passe sous la surface alors que ce paysage extraordinaire se prépare au retour du magnifique rhinocéros blanc.

Et je souhaite que vous preniez part à cette aventure. Je partagerai des nouvelles et des photos prises sur le terrain afin que vous puissiez voir où va votre soutien et suivre la recherche au fur et à mesure de son déroulement.

Le retour du rhinocéros est peut-être visible en surface. Mais une partie de son histoire commence sous nos pieds.

Merci de m’aider à la découvrir.

Rhinocéros blanc, Afrique du Sud (©Cecilia Guggisberg)
Rhinocéros blanc, Afrique du Sud (©Cecilia Guggisberg)